
« Pavilly : mon ascension »
Hélène, une pharmacienne qui a choisi d’entreprendre pour transformer un territoire.
Quand je repense à cette aventure, je me dis qu’elle n’a jamais vraiment commencé en 2023.
En réalité, tout démarre 25 ans plus tôt, quelque part dans les amphithéâtres d’une fac de pharmacie.
Là où j’ai rencontré deux camarades… qui deviendraient beaucoup plus tard mes associés : Arnaud et Marco.
À l’époque, on était juste trois copains de promo.
La vie, elle, avait d’autres plans :
eux se sont installés très tôt, moi j’ai pris un autre chemin.
J’ai été assistante. Pendant longtemps.
J’ai traversé des officines très différentes, des villes, des quartiers, des équipes, des titulaires parfois exigeants, parfois inspirants.
J’ai appris en accéléré :
la rigueur,
la polyvalence,
la délivrance juste,
le conseil pertinent,
la relation humaine,
et cette patience qui finit par façonner un professionnel comme un être humain.
Mais surtout, j’ai ancré profondément une valeur qui ne m’a jamais quittée :
le travail bien fait. Coûte que coûte.
Comment l’idée d’entreprendre s’est imposée à moi
Le Covid.
Étrangement, c’est là que tout bascule.
Pas dans la précipitation.
Dans la clarté.
Un matin, c’est devenu une évidence :
👉 « Je veux m’installer. Je suis prête. »
Prête à porter une officine.
Prête à mener une équipe.
Prête à assumer.
Prête à entreprendre.
Il ne restait plus qu’à trouver LA pharmacie.
Et les bons partenaires.
Un premier projet tombe à l’eau.
Et c’est là qu’Arnaud et Marco entrent vraiment dans l’histoire.
Ils me connaissent.
Ils croient en moi.
Ils activent leur réseau, leurs agents, leurs contacts.
On visite.
On analyse.
On compare.
On dissèque les dossiers.
J’apprends à lire une officine comme un médecin lit un ECG :
CA, rotations, marge, concurrence, potentiel réel…
C’était intense, mais formateur.
Une école accélérée de ce que doit savoir une future titulaire.
Puis l’été 2022 arrive.
Avec lui : Pavilly.
Une officine pas parfaite…
Justement : une officine parfaite pour moi.
Potentiel, localisation, patientèle fidèle, structure saine…
mais vieillissante.
À moderniser.
À secouer.
À relever.
Là où d’autres voient un frein, moi je sens un appel.
La pharmacie qui a failli m’échapper
Je m’investis pleinement.
Mon dossier est solide.
Ma vision est claire.
Tout se met en place.
Puis, en plein mois d’août… tout s’effondre.
Un autre acquéreur est choisi.
J’aurais pu abandonner.
Mais ce n’est pas moi.
Avec Arnaud, nous rédigeons un courrier.
Pas un courrier de plus.
Un engagement.
Un manifeste.
J’y mets :
ma détermination,
ma sincérité,
ma vision pour Pavilly,
mon ambition,
ma solidité humaine et financière,
et ce que je voulais construire pour cette commune.
Ce courrier… renverse tout.
La vendeuse me recontacte.
Elle comprend qui je suis.
Elle me choisit.

1er avril 2023 : le premier jour d’une vraie transformation
La reprise.
Brute. Sans filtre. Sans fard.
Je n’ai pas hérité d’un outil “clé en main”.
J’ai trouvé une officine figée dans le temps :
mobiliers anciens,
gammes dépassées,
agencement vieillissant,
méthodes d’un autre âge,
zone très concurrentielle.
Beaucoup auraient reculé.
Moi, j’ai vu un terrain d’expression.
Premier défi : la cohérence commerciale.
Face à une pharmacie Centroco agressive, il fallait réagir vite.
Grâce au partenariat 51/49 avec la Pharmacie du Manoir, j’ai immédiatement bénéficié :
de prix compétitifs,
d’un effet volume,
de gammes structurantes.
Et très vite… la dynamique repart.
Le travail invisible : celui que personne ne voit, mais que tout le monde ressent
Les premiers mois, c’était simple :
je vivais à la pharmacie.
On nettoyait, on triait, on jetait, on réorganisait.
Des soirs.
Des week-ends.
Avec Nico, mon compagnon, qui est devenu l’homme de l’ombre du projet.
Petit à petit, tout reprenait forme.

Puis sont venus les choix stratégiques :
migration vers Winpharma pour sécuriser et optimiser ;
mise en place d’Autopilotage pour maîtriser tous mes indicateurs ;
réorganisation totale de l’équipe ;
intégration fluide avec le Manoir pour aller plus vite, et éviter les écueils.
Et les patients l’ont vu.
L’accueil changeait.
Le service s’améliorait.
Les conseils étaient plus pertinents.
Les retours, très vite, ont été incroyablement positifs.
L’hiver : mon premier vrai test
Arrive l’hiver.
Le vrai.
Celui qui ne triche pas.
Vaccinations.
Tests.
Flux continu.
Et là… la pharmacie répond.
Mieux encore : elle performe.
La patientèle augmente.
C’était la preuve que le travail fait depuis des mois portait ses fruits.
Apprendre à être partout, sans se perdre
Être titulaire, c’est être :
administratrice,
manager,
comptable,
logisticienne,
pilote,
et professionnelle de santé… tout à la fois.
J’ai tout embrassé.
Avec exigence.
Avec lucidité.
Avec ce sens du devoir que j’ai toujours ressenti envers mes patients.
Mais j’ai aussi protégé un équilibre de vie.
Parce que pour durer, il faut tenir.
Et pour tenir, il faut être alignée.

Aujourd’hui : une pharmacie qui avance, une titulaire qui construit
Deux ans après la reprise, la Pharmacie de Pavilly :
progresse,
fédère,
fidélise,
rayonne,
et prépare sa transformation future.
Les patients le disent.
La mairie le voit.
Le territoire en bénéficie.
Et les projets arrivent :
👉 un éventuel déplacement de la pharmacie,
👉 une restructuration plus large de l’offre de santé,
👉 un partenariat renforcé avec le Manoir,
👉 de véritables projets territoriaux.
Ce que Pavilly m’a appris
Je n’ai pas repris une simple officine.
J’ai repris un projet de vie.
Je l’ai portée, transformée, modernisée.
Je l’ai structurée.
Je l’ai alignée avec mes valeurs.
Je suis devenue titulaire comme je suis devenue professionnelle :
par le travail,
par l’exigence,
par la vision,
par la résilience,
et avec l’envie de construire quelque chose qui dépasse ma propre trajectoire.
Et aujourd’hui encore, je suis fière de mener cette aventure…
aux côtés du Manoir,
aux côtés de mon équipe,
au service d’un territoire entier.