Formation / Déprescription Tsunami silencieux ou vraie chance pour l’officine

Bienvenue à toutes et à tous dans cette formation dédiée aux pharmaciens et aux professionnels de santé d’officine.

Aujourd’hui nous allons explorer un sujet à la fois stratégique, complexe et encore parfois tabou : la déprescription.

La déprescription ne se limite pas à un mot technique ou à une démarche administrative : c’est un levier puissant de transformation du soin, qui place le pharmacien au cœur de la gestion des traitements chroniques, du vieillissement de la population et de l’évolution vers une médecine toujours plus personnalisée. Il s’agit d’adopter une posture proactive et clinique, où l’objectif est de sécuriser, optimiser et adapter les traitements pour le bien-être réel des patients.

Pourquoi aborder ce sujet aujourd’hui ? La déprescription est désormais au centre des politiques de santé publique, avec l’Assurance Maladie qui en fait un outil majeur de maîtrise des dépenses de santé. Cette orientation a des conséquences concrètes pour nous, titulaires et équipes officinales, non seulement sur notre pratique quotidienne mais aussi sur notre modèle économique et notre rôle au sein du système de santé.

Au cours de cette formation, nous allons :

  • Comprendre les enjeux cliniques : identifier quand et comment initier une démarche de déprescription sécurisée et personnalisée.
  • Analyser les implications économiques : voir comment cette pratique peut devenir un véritable levier pour l’officine, en sécurisant les prescriptions et en valorisant le conseil pharmaceutique.
  • Explorer les stratégies opérationnelles : comment intégrer la déprescription dans le parcours patient, la relation avec le médecin prescripteur, et la communication auprès du patient.
  • Développer une vision globale : passer d’un rôle centré sur la délivrance à celui de pharmacien clinicien et accompagnant, capable de piloter le traitement de manière holistique.

Cette formation vise à vous fournir des outils concrets, des repères clairs et une méthodologie applicable dès demain pour faire de la déprescription une opportunité plutôt qu’une contrainte, et renforcer votre rôle de professionnel de santé engagé et reconnu.

1. Comprendre la déprescription

Avant d’en débattre, remettons les choses à plat : qu’est-ce que la déprescription au juste ?

Le terme est encore jeune, mais la pratique est ancienne. La déprescription, c’est l’arrêt, la réduction ou l’ajustement raisonné d’un ou plusieurs médicaments devenus inappropriés, redondants, inefficaces ou potentiellement dangereux. Et cela se fait dans une démarche partagée avec le patient, sur la base d’un bénéfice-risque actualisé.

Ce n’est pas un acte de privation, ni une démarche purement comptable. C’est un geste clinique, guidé par la sécurité, la qualité de vie et la personnalisation du soin. En d’autres termes : c’est faire le tri, mais avec méthode, éthique, et humanité.

Cette pratique prend tout son sens dans plusieurs situations :

  • Chez les personnes âgées polymédiquées, souvent sous 10, 12 voire 15 traitements par jour, avec un risque accru d’interactions et d’effets indésirables ;
  • Chez les patients chroniques pour lesquels certaines molécules peuvent perdre de leur efficacité au fil du temps ;
  • Ou encore dans les cas d’automédication prolongée, de traitements initiés sans réévaluation ou de prescriptions successives non harmonisées.

Mais attention : la déprescription ne signifie pas « enlever des boîtes à tout prix ».

Elle suppose :

  • Une analyse approfondie du dossier patient, incluant antécédents, parcours de soins, examens biologiques, traitements concomitants ;
  • Une discussion ouverte avec le patient, pour qu’il comprenne le pourquoi, le comment, et les bénéfices attendus ;
  • Et surtout une coordination étroite avec le médecin traitant, dans une logique d’équipe.

Il ne s’agit donc ni d’un acte mécanique, ni d’un acte isolé. Il s’agit de co-construire une stratégie thérapeutique pertinente, avec un objectif très clair : améliorer la qualité des soins tout en réduisant les risques médicamenteux.

Et dans ce processus, le pharmacien a une légitimité naturelle :

  • Nous sommes les sentinelles de la sécurité médicamenteuse.
  • Nous avons accès à l’historique du patient.
  • Et nous bénéficions de temps d’échange que beaucoup de médecins n’ont plus.

La déprescription est donc une porte d’entrée vers un exercice officinal plus clinique, plus transversal, plus valorisant aussi. Encore faut-il que ce rôle soit reconnu, structuré… et rémunéré à sa juste valeur.

Et c’est là que les enjeux économiques commencent à se faire sentir. On en parle juste après.

2. La stratégie de l’Assurance Maladie

Depuis 2021, les dépenses de santé en France ne cessent de progresser : +3,4 % en moyenne par an. Et cela, dans un contexte de déficit public structurel, de vieillissement de la population, et de pression sur les budgets hospitaliers. Le constat est simple : la trajectoire actuelle est intenable.

Face à cela, la Cnam – la Caisse nationale d’Assurance Maladie – a décidé de changer de braquet. Fini les petits ajustements à la marge. Elle annonce, dès 2024, une politique de maîtrise médicalisée beaucoup plus offensive, avec un objectif chiffré : 425 millions d’euros d’économies à réaliser d’ici 2025.

Et au cœur de ce plan, une arme principale : la déprescription.

Mais attention, ce n’est pas une déprescription aveugle ou idéologique. Il s’agit de cibler précisément les prescriptions jugées inappropriées ou surutilisées, en s’appuyant sur des données épidémiologiques et des recommandations de bonnes pratiques. Les trois principales classes visées sont :

  • Les antibiotiques, avec un objectif clair : –10 %. Dans un contexte de résistance bactérienne croissante, c’est à la fois une nécessité économique et de santé publique.
  • Les antalgiques de palier II (notamment le tramadol, codéine, etc.) : –10 %, pour limiter les risques de dépendance, de mésusage et d’effets secondaires chez les patients chroniques.
  • Et surtout, les IPP – inhibiteurs de la pompe à protons, type oméprazole : –20 %. Ce sont les grandes « stars » de la sur-prescription silencieuse. On les initie souvent « au cas où », mais sans évaluation régulière de leur pertinence à long terme.

Cette stratégie va donc bien au-delà d’un simple rappel à la prudence : elle se traduit par un plan d’action coordonné, où les médecins généralistes et les pharmaciens sont expressément mobilisés.

Et pour accompagner ce virage, une nouveauté importante est prévue pour janvier 2026 :

👉 La création d’une consultation longue de déprescription à l’officine, facturée 60 €, destinée aux patients de plus de 80 ans, sous au moins 10 médicaments différents.

Une vraie avancée ? Oui, incontestablement, car c’est une première reconnaissance formelle du rôle clinique du pharmacien dans l’optimisation thérapeutique.

Mais… ce n’est pas sans contreparties.

D’abord, il faudra être en capacité de documenter rigoureusement chaque intervention, d’assurer une traçabilité complète, et de coopérer étroitement avec le médecin traitant.

Ensuite, il faudra jongler avec le temps, la logistique, l’outil informatique, et bien sûr la pédagogie envers des patients souvent âgés, attachés à leurs traitements, et peu enclins au changement.

Autrement dit, cette consultation longue, c’est à la fois une opportunité professionnelle… et une complexité organisationnelle de plus. Une chance, mais pas un cadeau.

Et pour y arriver, il va falloir s’appuyer sur un outil bien connu mais encore trop peu utilisé : le Bilan Partagé de Médication.

3. L’outil pivot : le Bilan Partagé de Médication (BPM)

Le BPM, c’est la pierre angulaire de la stratégie de déprescription actuelle. C’est l’outil structurant, pensé pour favoriser un dialogue à trois voix : le patient, le pharmacien et le médecin traitant.

Concrètement, il s’agit d’un entretien structuré, réalisé par le pharmacien, sur rendez-vous, avec pour but d’analyser ensemble l’ensemble du traitement du patient, d’identifier les médicaments inappropriés, redondants ou non utilisés, et de formuler des recommandations de réajustement au médecin.

L’intention est louable. La posture est clinique. Mais sur le terrain, le BPM peine à décoller.

En 2024, environ 4 000 officines s’y sont engagées. Le chiffre d’affaires généré reste modeste :

À peine 2,6 millions d’euros au total, soit environ 650 € par officine. Autant dire : très loin du potentiel théorique.

Pourquoi ? Parce que le BPM est encore perçu comme un exercice lourd, rigide, et mal intégré dans la pratique quotidienne.

Les critiques reviennent souvent :

  • Des grilles d’évaluation trop longues, parfois inadaptées aux réalités de terrain ;
  • Des outils numériques mal conçus, avec des interfaces peu ergonomiques ;
  • Un manque d’adhésion des médecins, qui reçoivent les synthèses mais n’y donnent pas toujours suite ;
  • Et trop peu de retour du patient, ce qui limite l’impact de la démarche sur le comportement thérapeutique.

Autrement dit, le BPM souffre encore d’un positionnement flou entre la paperasse administrative et l’acte clinique.

Et pourtant… malgré tout cela, le BPM incarne une évolution fondamentale : il nous fait basculer d’un modèle de dispensation passive à un modèle d’accompagnement actif.

Il ouvre la voie à une pharmacie plus clinique, plus proche du soin, plus intégrée dans le parcours du patient.

Alors oui, le chemin est encore long. Oui, il faudra former, simplifier, convaincre, valoriser. Mais le BPM reste notre meilleure porte d’entrée vers la reconnaissance d’un rôle thérapeutique structurant, à condition de le prendre au sérieux, et de ne pas en faire un simple « tick-box » pour les ROSP.

4. Quel impact économique pour les officines ?

Et c’est là que les choses se corsent vraiment. Car cette stratégie de déprescription, aussi vertueuse soit-elle sur le plan médical, bouscule profondément le modèle économique des pharmacies.

En 2024, près de 45 % du chiffre d’affaires d’une officine repose encore sur le volume de médicaments délivrés. En clair : moins de boîtes = moins de revenus. Et ça, c’est un vrai sujet.

Certes, on nous parle depuis des années de transformation. Certes, les honoraires à l’ordonnance, instaurés en 2015, ont marqué une volonté de découpler le revenu de la quantité. Mais dans la pratique, on est encore loin du compte.

La montée en puissance de ces honoraires ne compense pas totalement la baisse du volume. Pourquoi ?

  • Parce que la majorité des prescriptions restent mono-produits, donc avec un faible niveau de facturation.
  • Parce que les actes cliniques restent mal valorisés, surtout ceux réalisés sans prescription médicale.
  • Et parce que le temps passé à accompagner un patient, à faire un BPM ou à expliquer une déprescription, n’est que partiellement reconnu financièrement.

Ajoutons à cela un environnement déjà sous tension : augmentation des charges salariales, inflation sur les coûts énergétiques, exigences réglementaires croissantes… Le cocktail est détonant.

Alors, oui, la nouvelle convention pharmaceutique prévoit une garantie de revenu jusqu’en 2027. Une sorte de « filet de sécurité » pour limiter les effets de la chute du volume.

Mais là encore, plusieurs problèmes :

  • Les critères de déclenchement sont opaques : à partir de quel niveau de baisse est-on « compensé » ?
  • Les délais de versement sont longs : certains pharmaciens attendent plusieurs mois pour percevoir les ajustements.
  • Et surtout, la mécanique est peu lisible : impossible d’anticiper ce qu’on va toucher, ni de le prévoir dans un prévisionnel de trésorerie.

Pire encore, cette garantie n’est pas équitablement ressentie sur le terrain. Les officines rurales, de petite taille, ou celles à faible densité médicale, sont les plus exposées. Pour elles, la baisse des prescriptions peut vite devenir synonyme de fragilisation économique, voire de menace de survie.

Autrement dit, on avance vers un modèle plus vertueux en théorie, mais qui reste économiquement instable en pratique.

Alors que faire ?
Il est urgent d’aller plus loin dans la valorisation des actes cliniques. Il faut tarifer le temps pharmaceutique, sécuriser des forfaits lisibles, et accélérer la transformation numérique pour réduire la charge administrative.

Mais surtout : il faut redonner de la visibilité économique aux titulaires. Car sans modèle soutenable, la meilleure des stratégies de santé publique est vouée à l’échec.

5. Retour du terrain : entre engagement et découragement

Et sur le terrain, qu’en disent les pharmaciens ?

Le discours est nuancé. Il oscille entre engagement sincère… et lassitude croissante.

💬 « Avec certains médecins, ça fonctionne. On ajuste ensemble les prescriptions, on se parle, on construit quelque chose. Mais souvent… on manque de temps, de retours, de reconnaissance. »

💬 « Le BPM ? Intéressant sur le papier. Mais dans la pratique, c’est lourd. Pas fluide. Et mal valorisé. »

💬 « Les patients comprennent l’intérêt, mais ils posent des questions : ‘Pourquoi on m’enlève ce médicament ? Est-ce pour faire des économies ? Est-ce que ça veut dire qu’on m’a prescrit trop avant ?’ »

Et c’est là que l’on touche un point crucial : le lien de confiance.
Car si le BPM et la déprescription sont parfois mal compris, ils permettent aussi de recréer du dialogue, de réhumaniser la relation officinale.

Des patients qui disent :

  • « Merci de m’avoir tout expliqué. »
  • « Je comprends mieux pourquoi je prends ces médicaments. »
  • « Je n’avais jamais eu un rendez-vous comme ça en pharmacie. »

Même si le dispositif est encore imparfait, il crée de la fidélité.
Il renforce la place du pharmacien dans l’écosystème de soins, non plus comme un simple dispensateur, mais comme un acteur de proximité, à l’écoute, dans la durée.

Mais pour que cet engagement perdure, il faudra :

  • Moins de paperasse
  • Plus de reconnaissance
  • Et un vrai retour sur investissement en temps et en énergie

Car sinon, le risque est réel : l’usure, la démotivation, voire le repli sur le métier de base, celui qui consiste à délivrer sans trop s’impliquer, pour rester rentable.

Et ce serait un immense gâchis. Pour le pharmacien, pour le patient, et pour le système de santé.

6. Quelles pistes pour s’adapter ?

Alors face à cette transformation imposée — parfois subie — quelles sont les clés pour ne pas simplement s’adapter, mais rebondir et transformer l’essai ?

🔧 Un modèle économique à repenser

D’abord, il faut repenser les fondamentaux du modèle officinal.
Le temps du « plus je délivre, plus je gagne » est en train de s’effacer. Place à un modèle fondé sur la valeur ajoutée du pharmacien, pas sur le volume de boîtes.

Cela passe par :

  • La valorisation réelle des actes cliniques : entretiens pharmaceutiques, bilans partagés, accompagnement à la déprescription doivent devenir des actes rémunérés à la hauteur de leur utilité.
  • Un rééquilibrage entre rémunération à la dispensation et rémunération à l’ordonnance : avec des forfaits mieux construits, plus lisibles et surtout… plus simples à calculer.
  • Une garantie de revenu compréhensible, accessible et réactive : les officines doivent savoir quand, comment et combien elles peuvent être compensées si leur activité évolue sous l’effet des politiques publiques.

Un système complexe affaiblit la confiance, et freine l’engagement. Il faut de la clarté, pas du flou administratif.

🎓 Une formation renforcée et actualisée

Ensuite, il nous faut monter en compétences. Pas uniquement sur la pharmacologie — ça, on le maîtrise. Mais sur tout ce qui entoure la pratique clinique au comptoir.

  • D’abord, apprendre à mieux communiquer, notamment avec les patients âgés, souvent polyprescrits, parfois déstabilisés par l’arrêt d’un traitement. Savoir rassurer, expliquer, prendre le temps.
  • Ensuite, mieux exploiter les outils numériques : logiciels de BPM, messagerie sécurisée, téléconsultations, DMP… Ces outils doivent devenir nos alliés, pas des contraintes.
  • Et enfin, favoriser le partage d’expériences entre pairs : ce que fait un pharmacien en Creuse peut inspirer un confrère à Marseille. Les retours du terrain sont une richesse immense, trop souvent sous-utilisée.

🤝 Un travail d’équipe interprofessionnel

Troisième levier : renforcer la coordination avec les autres soignants.

Aujourd’hui, certains binômes médecin-pharmacien fonctionnent très bien. D’autres sont encore méfiants ou inexistants. Il est temps de passer à une logique de « partenariat de soins », avec :

  • Des protocoles concertés de déprescription
  • Des outils partagés de suivi des patients chroniques
  • Une utilisation efficace de la e-santé pour fluidifier les échanges et tracer les décisions prises ensemble

L’enjeu ? Sortir de la juxtaposition des métiers, pour entrer dans une logique de coopération autour du patient.

🗣️ Une communication patiente claire, rassurante et proactive

Dernier pilier, et pas des moindres : parler aux patients. Vraiment.

La déprescription peut inquiéter. Certains pensent qu’on leur « enlève » un traitement pour faire des économies. D’autres se demandent si on remet en cause la décision de leur médecin. Tout cela doit être clarifié.

Notre mission, c’est de :

  • Expliquer les raisons médicales de la déprescription
  • Valoriser la réévaluation régulière des traitements comme un progrès, pas comme un désaveu
  • Et pourquoi pas, créer des supports pédagogiques simples, à afficher ou à remettre : un flyer, une affichette, une fiche explicative avec des schémas clairs

Car ce n’est qu’en embarquant le patient dans le processus, en lui redonnant sa place dans la décision, qu’on crée l’adhésion.

Et cette adhésion… c’est ce qui fera toute la différence.

Conclusion

Pour conclure cette formation, retenons un point essentiel : la déprescription n’est pas qu’une mesure économique, c’est un véritable tournant stratégique et clinique pour la pharmacie d’officine. Elle nous invite à repenser notre rôle, notre quotidien, et même notre modèle économique, en plaçant le patient au cœur de nos décisions.

Heureusement, nous ne partons pas de zéro :

  • Nous disposons déjà d’une expertise scientifique solide.
  • Nous bénéficions d’une proximité quotidienne avec nos patients, qui nous permet d’identifier leurs besoins et leurs risques.
  • Et nous avons aujourd’hui accès à des outils pratiques et méthodologiques pour mettre en œuvre la déprescription de manière sécurisée et efficace.

Le défi qui reste à relever ? Donner à cette pratique la reconnaissance, la lisibilité et les moyens nécessaires pour qu’elle devienne un acte clinique pleinement intégré et valorisé dans notre officine.

La déprescription est donc une opportunité : une opportunité d’affirmer notre rôle de pharmacien clinicien, de renforcer la qualité du suivi des patients, et de contribuer à un système de santé plus efficace et responsable.

À vous de saisir cette chance, d’expérimenter, et d’intégrer ces bonnes pratiques dans votre quotidien.

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